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le Grand Dictionnaire
d'Emile Littré
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vous propose de découvrir également... |
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la vie et Œuvre
d'Émile Littré
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Paul-Émile Littré
(1er fév 1801-2 juin 1881)
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Paul-Émile Littré
s’éteint à Paris le 2 juin 1881, à l’aube
d’une dernière victoire : Jules Ferry, ministre de
l’Instruction publique, impose quelques jours plus tard les
lois sur l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire.
"Le principal devoir
de l’homme envers lui-même est de s’instruire,
le principal devoir de l’homme envers les autres est de les
instruire".
Paul-Émile Littré
On a dit parfois que Littré était un homme emprunté,
incertain, doutant de lui, victime d’un profil ingrat et d’une
parole malhabile, et qu’il trouva dans l’écriture
et le travail un apaisement personnel. Au travers d’une œuvre
abondante, il fut pourtant de tous les combats de son temps, devenant
tout à la fois philosophe, lexicographe, traducteur, journaliste
et chroniqueur, homme politique.
Homme épris de culture et de science, il est détesté
par certains, admiré par d’autres : Victor Hugo, Georges
Sand, Sainte-Beuve, Adolphe Thiers… Louis Pasteur, dans son
discours de succession à l’Académie française,
dira de lui :
"c’était
un saint laïque.
Ce dernier mot ne m'appartient pas ;
je l'ai recueilli sur les lèvres de tous ceux qui l'ont connu". |
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les années
de formation |
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Fils d’un sous-officier sans
fortune, né au tournant du siècle, élève
brillant puis étudiant sans vocation à la faculté
de médecine, il se passionne très tôt pour l’étude
des langues anciennes ou orientales : le latin et le grec, le sanskrit
, l’arabe. Renonçant à l’exercice médical,
il devient journaliste. Le National,
La Science, La
Gazette médicale, La
Revue des Deux-Mondes, Le
Journal des Savants, accueillent ses premières contributions.
De son père, jacobin et républicain de la première
heure, il hérite de convictions qui ne le quitteront jamais
: il participe à la Révolution de Juillet, défend
la Commune de Paris, rejoint le mouvement radical, soutient le droit
à l’enseignement, la cause des femmes, et luttera toute
sa vie contre l’injustice sociale.
Il épousera la doctrine du positivisme philosophique d’Auguste
Comte, qu’il défendra inlassablement, sans toutefois
le suivre dans ses errements politiques et religieux. Il rompt en
1852 avec son maître et reconnaîtra dans ses dernières
années les limites du positivisme. |
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l'œuvre
écrite |
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 édition en 3 volumes
reliure de J. Maigre
1872 |
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Ses passions
se rejoignent dans une vaste entreprise, qui va durer plus de vingt
ans : la traduction des œuvres d’Hippocrate
de Cos, père de la médecine, en dix épais
volumes in-folio parus entre 1839 et 1861.
Écrivain fécond, Littré publie sans relâche
livres, articles, traductions, correspondances et conférences
dans les domaines les plus divers : médecine, philosophie,
histoire, politique, sociologie, philologie, critique littéraire.
Son œuvre la plus magistrale reste bien entendu son Dictionnaire
de la langue française contenant pour la nomenclature tous
les mots qui se trouvent dans le dictionnaire de l’Académie
française, et tous les termes usuels des sciences, des arts,
des métiers et de la vie pratique, qu’il publiera
de 1863 à 1877. Il propose un ouvrage complet abordant tous
les aspects de la langue : son histoire, son évolution, ses
analogies, sa phonétique. Il en assumera, seul ou presque,
la nomenclature et la rédaction.
"Il créa ainsi
un admirable monument à la gloire de la langue française.
Pour la première fois, la définition du mot était
complétée par l’image de son passé, de
ses racines, de son évolution à travers les siècles.
Tandis que les lexicographes s’étaient limités
jusqu’alors à un instantané de la langue, Littré
racontait la vie des mots depuis leur naissance. Il démontrait
qu’on peut en user avec exactitude sans en comprendre la genèse.
Et les définitions étaient illustrées de tant
d’exemples choisis avec bonheur qu’elles devenaient,
à chaque page, le prétexte d’un rendez-vous
avec Du Bellay, Christine de Pisan, Molière, Pascal, Bossuet,
La Fontaine, Voltaire ou Victor Hugo".
Jean Hamburger
de l'Institut |
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l'homme public |
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Littré, moqué à
loisir par les caricaturistes de l’époque, connut une
véritable célébrité, et dans tous les
domaines qu’il aborda : il est nommé en 1839 à
l’Académie des Inscriptions & des Belles Lettres,
en 1858 à l'Académie de médecine, en 1873 à
l’Académie française, devient en 1871 député
de la Seine, conseiller général de Saint-Denis et
sénateur en 1875, mais refuse plusieurs maroquins ministériels
ainsi que la Légion d'honneur.
Au soir du 2 juin 1881, lorsque la nouvelle du décès
est connue, Léon Gambetta rend hommage à
"l’un des hommes les plus considérables de notre
temps et de notre pays", tandis qu’Ernest Renan
salue "une des consciences les
plus complètes de l’univers".
" Littré a pris
toute la place dans ma raison (…) avec ses grands travaux
de logicien impeccable, la rectitude de sa méthode, l’unité
et la clarté de son œuvre, la modestie et la simplicité
du travailleur que la passion de la vérité attache
à la terre, le progrès réel déterminé
par chacun de ses ouvrages, [nous] poussant tous à l’avenir.
"
Émile Zola
article en une du Figaro
le 13 juin 1881
titré "l’homme du siècle" |
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