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les Annales de
l'Art FMR
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le chef d'Œuvre
de Franco Maria Ricci |
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| Britannica
vous propose de découvrir également... |
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Franco Maria Ricci &
Giambattista Bodoni
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casse d'imprimerie
alphabet Bodoni 1798
Ateliers Bodoni

Manuale tipografico
tome premier
édition de 1818
Dès le XIXe siècle,
la plupart des imprimeurs remplaceront le Didot par le Bodoni dans
toute l’Europe et même aux Etats-Unis, où il
devient le caractère des principaux quotidiens.
De nombreuses imprimeries italiennes
avaient le portrait du maître sur leurs murs, et le considéraient
comme le saint patron de la profession.
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Franco Maria Ricci explique que
sa passion pour l'édition fut d'abord celle qu'il voua à
l'œuvre du maître typographe Giambattista Bodoni. Séduit
par l'élégance et la perfection de ses alphabets,
il débuta sa carrière par la réédition
du Manuel typographique du maître : trois années de
recherche et de préparation lui furent nécessaires.
Il fera d'ailleurs du caractère bodoni de 1798 (le typographe
est alors au sommet de son art) sa signature d'éditeur, sa
"griffe" : tous les ouvrages publiés par Franco
Maria Ricci sont imprimés selon les règles graphiques
et visuelles édictées par le maître. |
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Qui était
Giambattista Bodoni ? |
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Fils et petit-fils d’imprimeurs,
Giambattista Bodoni naît le 23 mars 1740 à Saluces,
dans le Piémont italien. Dès l’âge de
quinze ans, il apprend le travail des métaux dans une petite
serrurerie de la ville. Trois ans plus tard, il entre comme compositeur
à la Propaganda Fide (Congrégation pour la
propagation de la foi, fondée en 1622 par le pape Grégoire
XV), sous l’autorité de l’abbé Ruggieri.
Celui-ci exercera une grande influence sur le jeune homme : c’est
lui qui, notamment, le convainc d’apprendre les langues orientales,
où Bodoni révèle de grandes aptitudes. On connaît
de son travail à cette époque un Missel arabe et un
Alphabet du Tibet.
En 1768, Ferdinand de Parme lui confie la responsabilité
de l’imprimerie ducale, la Stamperia ducale. Bodoni
y publie rapidement un grand nombre d’ouvrages, avec une parfaite
maîtrise d’exécution. Il fabrique lui-même
ses encres, choisit les papiers les plus purs, recrute les meilleurs
ouvriers et apporte même plusieurs modifications à
ses presses : le résultat est sans égal et enthousiasme
bientôt les universitaires, les collectionneurs et les aristocrates
éclairés de l’Europe entière.
Cependant, si ses premiers travaux utilisent les alphabets des
français Pierre-Simon Fournier et Firmin Didot, Bodoni ébauche
déjà ses premiers caractères. Le premier spécimen
imprimé date de 1771.
Il rassemble le résultat de vingt années de travail
dans la première édition de son Manuale tipografico,
parue en 1788, qui répertorie 290 alphabets conçus
par le maître, dont plusieurs de langues mortes (araméen,
chaldéen, hébreu, étrusque, palmyrénien…
) ou non-latines (russe, tartare, turc, éthiopien…),
ainsi que des centaines de filets et d’ornements (lettrines,
monogrammes, sceaux…). La mise en page de l’ouvrage
reprend évidemment les règles définies par
Bodoni lui-même.
Rompant avec la tradition typographique, qui subit les influences
de la calligraphie, Bodoni travaille dans une optique plus mécaniste
et, ajoutant une esthétique intelligente et raffinée,
pose ainsi les nouvelles normes de son art : opposition des pleins
et des déliés, empattement fins, symétrie partielle,
équilibre des droites et des obliques, harmonie des proportions.
Associé à une mise en page épurée, où
les blancs jouent la complémentarité, le caractère
bodoni devient le symbole de la typographie moderne, où se
conjuguent élégance et lisibilité : la première
version est imprimée en 1790, la version finale est utilisée
pour la première fois en 1798, et sera adoptée par
un grand nombre d’imprimeries en Europe. |
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"Imprimeur
des rois et roi des imprimeurs" |
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Bodoni jouit alors d’une
très grande notoriété : Parme crée une
médaille à son effigie, plusieurs princes et monarques
d’Europe lui rendent visite, Napoléon Bonaparte lui
accorde l’ordre impérial de la Réunion ainsi
qu’une pension à vie, Le roi de Naples le décore
de l’ordre des Deux-Siciles, et Benjamin Franklin entretient
avec lui une correspondance suivie sur l’art et l’industrie
typographiques. L’Imprimerie nationale de France lui commande
plusieurs jeux d’alphabets.
À l'exposition internationale de Paris en 1806, Bodoni reçoit
la médaille d'or pour l’ensemble et la perfection de
son travail.
Giambattista Bodoni disparaît le 30 novembre 1813, alors
qu’il prépare la nouvelle version de son Manuale
tipografico. Sa veuve, Margherita Dall’Aglio, mènera
le projet à son terme : paru en 1818, le Manuale répertorie
514 alphabets et 1064 ornements et filets.
Le Bodoni est devenu un des standards de la classification typographique
(cf. encart ci-dessous), et suscitera de nombreuses variantes. on
peut citer pour l’exemple : le Benton
ATF Bodoni (1907-1915), le Mergenthaler
Linotype Bodoni (1914-1916), le Monotype
Bodoni (1921), le Haas Bodoni
(1924-1939), le Bauer Bodoni
de Hoell (1924). le Berthold
(1930), l’Intertype Ludlow
(1936), le Stempel, le Wagner
Bodoni (1961).
L’extraordinaire précision des cotes techniques du
Bodoni en fera un alphabet Truetype idéal pour l’écriture
informatique.
Le Manuale tipografico restera l’ouvrage de référence
de la profession jusqu’au début du XXe siècle.
L’œuvre de Bodoni, quant à elle, deviendra le
fondement de toute la typographie moderne y compris l’écriture
numérique. Cependant, aujourd’hui encore, le Bodoni
reste le caractère de la belle édition, alphabet de
prédilection des ouvrages d’art, des impressions limitées,
des tirages de bibliophilie.
Ses collections de poinçons et de matrices – 25.000
au total – sont maintenant conservés par la Bibliothèque
palatine, dans le palais della Pilotta à Parme, là
même où Bodoni installa sa fonderie et son imprimerie.
les Didones, premiers alphabets considérés
comme Modernes,
doivent leur nom aux deux maîtres de cette école
:
la dynastie française des Didot (DI) et Giambattista
Bodoni (DONI).
Premières typographies rompant avec les règles calligraphiques,
elles sont bâties sur une harmonieuse conjugaison des lignes
droites
et sont indissociables d’une approche plus artistique
de l’imprimerie : la mise en page.
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Pour en savoir plus :
notre Lettre mensuelle d’information nº 2, consacrée à l’Art typographique. |
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