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l'encyclopédie
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l'Encyclopaedia Universalis édition intégrale

les planches gravées,
œuvre graphique de l'Encyclopédie

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détail d’une planche consacrée aux arts mécaniques

On sait que Diderot possédait une vision totalement maîtrisée du projet encyclopédique; il en conçut le plan général, structura les parties qui devaient le composer, organisa les liens entre les disciplines et planifia les contributions de ses collaborateurs.

Cette vision engloba dès les débuts de l’entreprise l’ensemble graphique qui devait représenter selon lui non pas une illustration des articles mais bien une part entière de l’ouvrage : "un coup d’œil sur l’objet ou sur sa représentation en dit plus long qu’une page de discours".

L’Encyclopédie veut démontrer notamment que le savoir-faire des artisans est porteur d’une connaissance universelle, essentielle à tous.

une œuvre visuelle et philosophique
détail d’une planche consacrée à la main

Le maître d’œuvre des planches s’appelle Louis-Jacques Goussier, qui fournira plus de 900 planches sur les 2.885 qui composent l’ensemble.

Le Breton et Diderot, souhaitant s’appuyer sur des sources iconographiques existantes, le chargent dès 1746 de corriger et d’actualiser les planches du Traité de mécanique décrivant toutes les machines en usage dans la pratique des arts commandées par Colbert en 1665 , puis les planches du Catalogue des Descriptions des Arts & Métiers rassemblées par Réaumur.

Suite aux procès pour plagiat intentés à l’Encyclopédie, Goussier doit entreprendre une œuvre inédite, qui se révèlera profondément originale, tant dans la réalisation que dans le propos : pendant plus de quinze ans, il visite les ateliers ouvriers et manufacturiers afin de représenter non seulement les outils, les matières et les machines mais également les gestes du travail : ici, le boulanger cuit le pain dans son four, l’imprimeur compose sa page sur le marbre, le tisserand actionne les pédales de son métier…

Tous les métiers sont représentés, et le plus souvent de façon très complète : 6 planches sont consacrées aux boutonniers, 3 aux chapeliers, 2 aux ferblantiers, 10 aux fourbisseurs, 19 aux orfèvres…

Cette approche constate d’elle-même le basculement de l’industrie française : l’ère artisanale cède le pas au premier âge industriel et technique ; en témoignent, par exemple, les 5 planches sur la mécanique, les 26 sur les machines hydrauliques, les 57 sur la serrurerie et les 64 sur l’horlogerie…

Au lieu d’être fixées dans leurs apparences, les machines sont ouvertes, montrant leurs rouages, leurs articulations, leurs mécanismes : Goussier ne se contente pas de les rendre identifiables, mais compréhensibles.

L’Encyclopédie préfigure ainsi les expositions universelles du siècle suivant.

Empreint d’un grand réalisme, l’ensemble graphique de l’Encyclopédie est une incarnation de la philosophie des Lumières, au même titre que les articles ; mais c’est aussi une œuvre d’une remarquable beauté, et un témoignage du génie humain.

 
  Louis-Jacques Goussier
 
planches gravées de l’Encyclopédie

Il naît à Paris le 7 mars 1722, d’une famille modeste. Dessinateur autodidacte, étudiant puis professeur en mathématiques, il rejoint l’Encyclopédie dès ses débuts: il y travaillera jusqu’à l’achèvement de l’ouvrage.

Esprit libre, bon vivant, volontiers provocateur, connu pour "ses mauvaises façons de penser, faisant profession de n'avoir aucune religion et méprisant les lois divines et humaines", mais apprécié pour son grand talent graphique, il travaillera pour de nombreux projets, sans jamais cacher sa foi dans les idées nouvelles :

1746 : Illustration des travaux de la Condamine sur le calcul des méridiens.

1768 : Géographie Physique du Monde avec Etienne-Claude de Marivetz.

1788 : Système général, physique et économique de navigations naturelles et artificielles de l'intérieur de la France et de leurs coordinations avec les routes de terre, toujours avec Marivetz.

1789 : Encyclopédie méthodique des manufactures, arts et métiers, avec Roland de la Platère.

1794 : Recueil de Dessins de Machines et Instruments des Arts, pour le compte du Conservatoire des Arts & Métiers.

Il est nommé en 1792 au ministère de l’Intérieur à la division technique des arts et métiers, puis en 1794 à la section des armes et armements du Comité de Salut public.

Louis-Jacques Goussier, dont Diderot dit en son temps qu’il était "celui qui a dessiné tout ce qu'il y a de bonnes planches dans notre encyclopédie", s’éteint à Paris en 1799.

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