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l'encyclopédie
de Diderot & d'Alembert
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vous propose de découvrir également... |
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histoire & chronologie
de l'Encyclopédie
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1745 |
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25
février
Souhaitant commercialiser une traduction augmentée de la
Cyclopædia,
l’éditeur Le Breton, personnage influent de la corporation
des libraires de Paris, se fait accorder un privilège royal
par le duc d’Aguesseau, directeur de la Librairie du Roy (ayant
en charge la censure et le commerce du livre).
5 mars
À cette fin, il s’associe avec l’Allemand Godefroy
de Sellius et l’Anglais John Mills, qu’il dénonce
bientôt pour incapacité et escroquerie. Le privilège
est révoqué le 28 août.
18 octobre
Il monte une association dotée d’un fonds commun de
20.000 livres avec trois confrères : Briasson, Durand et
David l’aîné. |
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1746 |
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statue de Diderot
dédiée à l'Encyclopédie
- Langres - © Pôle Diderot |
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21
janvier
Il obtient un nouveau privilège et confie le projet à
l’abbé Gua de Malves, membre de l’Académie
des Sciences et professeur au Collège de France. Celui-ci
recrute pour l’assister le jeune mathématicien d’Alembert
et Denis Diderot, alors traducteur réputé.
7 juillet
Le Parlement condamne les Pensées
philosophiques, un libelle anonyme (écrit par
Diderot). |
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1747 |
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3 août
Le Breton, décide de remplacer de Malves par d’Alembert
et Diderot. Un contrat de rédacteurs sera signé le
16 octobre. |
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1748 |
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Les deux hommes renoncent rapidement
à la traduction de la Cyclopædia
: Diderot bâtit le plan d’une encyclopédie totalement
inédite. Le recrutement des collaborateurs commence. |
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1749 |
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24
juillet
Suite à la parution de sa Lettre
sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient,
Diderot est incarcéré au donjon de Vincennes. Les
libraires doivent intercéder auprès du comte d’Argenson
(garde des sceaux), de Berryer (lieutenant général
de police) et du chancelier d’Aguesseau, arguant d’un
préjudice grave pour l’entreprise commerciale.
Diderot est finalement libéré sous surveillance le
3 novembre et se remet aussitôt au travail. |
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1750 |
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Il publie le Prospectus
de l’Encyclopédie, explication préliminaire
de l’entreprise, dans lequel il prévoit huit volumes
de discours et deux volumes de planches, avec une publication sur
quatre années. |
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1751 |
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"Le but d'une encyclopédie
est de rassembler les connaissances éparses sur la surface
de la terre; d'en exposer le système général
aux hommes avec qui nous vivons, et de le transmettre aux hommes qui
viendront après nous; afin que les travaux des siècles
passés n'aient pas été inutiles pour les siècles
qui succèderont; que nos neveux devenant plus instruits, deviennent
en même temps plus vertueux et plus heureux; et que nous ne
mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain."
Denis Diderot préambule à l’Encyclopédie.
tome 1 |
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avril
L’Encyclopédie, avant même l’édition
de son premier tome, attire 1002 souscripteurs, dont certains personnages
de la cour.
28 juin
Le tome I paraît. L’Encyclopédie recensera 1431
souscripteurs en juillet, 2619 en décembre. Son contenu et
son succès soulèvent la colère des autorités
universitaires et religieuses.
octobre
Les Jésuites, très influents en cour et régnant
sur les universités françaises, accusent l’Encyclopédie
"de critiquer leur enseignement,
de rabaisser les rois et les saints, de prêcher la liberté
d'expression et attenter à la morale chrétienne".
Dans Le Journal
de Trévoux, sous la plume du père Berthier,
ils fustigent "les impertinences
et le ton singulier" de l’ouvrage.
Boyer, évêque de Mirepoix et aumônier de la Dauphine,
met en garde le roi contre les tendances inquiétantes de
l'Encyclopédie : trois censeurs sont désormais chargés
de surveiller la rédaction des articles.
18 novembre
Le jeune abbé de Prades soutient une thèse de théologie
qui, bien qu’approuvée par la Sorbonne, déclenche
la fureur des Jésuites : ceux-ci y voient un manifeste en
faveur de la religion naturelle contre le dogme établi. Les
Jésuites étendent leurs accusations à l’Encyclopédie.
La thèse est censurée deux mois plus tard : l’auteur
est déchu de ses titres et exclu à vie de la Faculté,
ses jurys sont blâmés et son maître de thèse
perd sa chaire à la Sorbonne.L’archevêque de
Paris, rejoint par ceux de Montauban et d’Auxerre, lance un
mandement contre le jeune abbé. Le Parlement de Paris condamne
la thèse au bûcher.
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1752 |
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l'Encyclopédie
tome premier |
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13
janvier
Le tome II paraît dans un climat de suspicion, et l’article
Certitude, signé par de Prades, est accusé d’hérésie
par les Jésuites, qui en appellent au roi et au pape.
2 février Un certain Geoffroy publie "Les
Réflexions d'un franciscain, avec une lettre préliminaire
adressée à M. Diderot, auteur en partie du Dictionnaire
philosophique", où il révèle les
liens de certains abbés (de Prades, Yvon, Pestré,
Mallet) avec l'Encyclopédie, dont ils sont des collaborateurs.
Pour échapper à l’emprisonnement, Ils sont contraints
de fuir en Hollande.
7 février
Le Conseil d’état prend un arrêt contre les deux
tomes parus de l’Encyclopédie. Défense est alors
faite "d’imprimer ou de
faire réimprimer, vendre, débiter ou distribuer les
exemplaires sous peine de mille livres d’amende".
La police vient saisir les volumes imprimés, mais ne les
trouve pas : les souscripteurs, apprenant le saisie prochaine, se
sont empressés de retirer leurs exemplaires.
7 mai
La saisie des manuscrits est ordonnée : Malesherbes, chargé
de son exécution, fait mettre à l'abri chez lui les
papiers des rédacteurs et des libraires, tandis que Madame
de Pompadour et quelques ministres, ennemis du parti jésuite,
invitent Diderot "à se
donner au travail de l’Encyclopédie".
juin
Les Jansénistes condamnent à leur tour l’Encyclopédie
dans les Nouvelles ecclésiastiques.
Rapidement, l’ouvrage voit se dresser contre lui une coalition
impensable qui regroupe la hiérarchie officielle de l’église,
les Jésuites, les Jansénistes et le Parlement, qu’on
surnommera le Parti dévot. |
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1753 |
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novembre
Le tome III est publié à 3 100 exemplaires.
Le tirage final est fixé à 4 225 exemplaires et les
premiers tomes sont réimprimés en conséquence,
sous la protection de Madame de Pompadour. |
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1754 |

© Pôle Diderot |
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15
septembre
L’Encyclopédie atteint plus de 3 000 souscripteurs.
octobre
Le tome IV est publié, avec une autorisation royale
provisoire.
30 novembre
Le père jésuite Tholomas prononce Pro
scholis publicis, adversus Encyclopaedistas, longue harangue
contre d’Alembert et les encyclopédistes.
Néanmoins, le même jour, d’Alembert est reçu
à l’Académie française. C’est là
une première victoire des encyclopédistes.
Fréron, un autre jésuite, attaque l’Encyclopédie
dans chaque fascicule de son Année
littéraire. Il sera un des hommes les plus acharnés
à la perte de Diderot. |
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1755 |
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novembre
Le tome V est publié, préfacé par Montesquieu. |
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1756 |
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mai
Le tome VI est publié. |
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1757 |
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5 janvier
Louis XV échappe à un attentat perpétré
par Damiens.
Le parti dévot accuse l’esprit encyclopédique
de favoriser l’opposition au roi et au régime.Le Parlement
de Paris proclame en avril un édit
"punissant de mort ou des galères ceux qui seront convaincus
d’avoir, sans permission, composé ou fait composer,
imprimé, colporté ou répandu des livres tendancieux".
L’Encyclopédie, sans être nommée, est
ouvertement visée.
juin - novembre
Fréron multiplie les accusations contre Diderot : plagiat,
hérésie, conspiration... Le Mercure de France publie
l’Avis utile ou premier mémoire
sur les Cacouacs de Vaux de Giry, abbé de Saint-Cyr.
les Cacouacs (surnom que le parti dévot donne aux philosophes
de l’Encyclopédie) y sont dépeints comme une
tribu de sauvages "plus féroces
que les Caraïbes : ce sont les seuls êtres dans la nature
qui fassent le mal précisément pour faire le mal."
Jacob-Nicolas Moreau, historiographe du roi, publie à son
tour l’Avis utile et nouveau
Mémoire pour servir à l'histoire des Cacouacs,
qui montre "les Encyclopédistes
comme un corps organisé, possédant tout l'attirail
nécessaire au combat, et marchant délibérément
à l'assaut de la morale, de la religion et du gouvernement".
Charles Palissot de Montenoy entame la parution mensuelle des pamphlets
intitulés Petites Lettres
sur de grands philosophes, sous-titrées réfutation
des auteurs impies.
Ces attaques jettent le discrédit sur l’Encyclopédie
et ses rédacteurs. Malesherbes dira même qu’elles
ont "porté à l’Encyclopédie
un coup plus mortel qu’un arrêt du conseil."
novembre
Le tome VII est publié ; l’Encyclopédie compte
plus de 4 000 souscripteurs.
Le prospectus de 1750 qui annonçait 8 volumes de discours
n’est plus d’actualité (en effet, le tome VII
s’arrête à l’article "Gythinne".)
Le montant de la souscription augmente en conséquence. Les
souscripteurs suivent. Pareillement, le nombre de planches prévues
passe de 600 à 1 000. |
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1758 |
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"Ce
n’est pas en France qu’il aurait fallu publier l’Encyclopédie
, malheureux enfants de Paris, mais (…) dans un pays libre.
vous avez travaillé pour les libraires, ils en recueilleront
le profit et vous, les persécutions."
François Arouet dit Voltaire
lettre à Diderot
29 janvier 1758
"Que faire donc ? Ce qu’il convient à des gens
de courage : mépriser nos ennemis, les poursuivre et profiter,
comme nous l’avons fait, de l’imbécillité
de nos censeurs. Faut-il que (...) nous oubliions ce que nous devons
à nous-mêmes et au public ? Est-il honnête de
tromper l’espérance de quatre mille souscripteurs,
et n’avons-nous pas des engagements auprès des libraires
?"
Denis Diderot
réponse à Voltaire |
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février
Rousseau se brouille avec les encyclopédistes à propos
de l’article "Genève" écrit
par d’Alembert, et cesse aussitôt toute collaboration.
Pris à partie pour cet article, y compris par des amis de
l’Encyclopédie, et fatigué des attaques dont
il est victime depuis des années, d’Alembert quitte
l’entreprise. Il se ravisera mais il ne "s’engage
que pour sa partie : les mathématiques." Voltaire,
qui souhaitait quitter l’entreprise, se ravise également.
mars
Afin de rassurer les souscripteurs sur les rumeurs d’inachèvement
de l’Encyclopédie – le "faux" départ
de d’Alembert a fait gros bruit –, les libraires publient
un Mémoire sur les motifs
de la suspension de l’Encyclopédie.
Le tome VIII ne peut sortir en 1758 comme prévu. En fait,
il ne sortira que huit années plus tard !
27 juillet
Helvétius, collaborateur et mécène de l’Encyclopédie,
publie "de l’Esprit".
L’ouvrage déclenche un énorme scandale, qui
atteint l’encyclopédie.
Dès le 10 août, le privilège d’édition
de l’essai est révoqué, l’ouvrage définitivement
interdit, et Helvétius doit se rétracter, sous peine
des galères.
août
Abraham Chaumeix, du parti dévot, publie les deux premiers
tomes des "Préjugés
légitimes contre l’encyclopédie et essai de
réfutation de ce dictionnaire". Il en paraîtra
six autres jusqu’en février 1759. |
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1759 |
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23
janvier
Le Parlement dénonce huit ouvrages subversifs en tête
desquels "de l’Esprit"
et "l’Encyclopédie".
Ces titres (à l’exception de l’Encyclopédie)
sont condamnés à être lacérés
et brûlés par la main du bourreau.
La relative clémence envers l’Encyclopédie tient
au risque de faillite de l’édition française,
en lutte contre l’édition hollandaise. Néanmoins,
le Parlement et le procureur Omer de Fleury suspendent toute impression
et diffusion (le tome VIII est sous presse !) et condamnent l’Encyclopédie
à être révisée par un comité de
théologiens, d’avocats et de personnes savantes (qui
seront tous jansénistes).
À la même période, le pape met l’Encyclopédie
à l’index.
8 mars
Le Conseil du roi révoque le privilège d’édition
de 1746 : interdiction est désormais faite "de
vendre, débiter ou distribuer les sept tomes déjà
parus et d’en imprimer de nouveaux".
21 juillet
Pour hâter la fin de l’Encyclopédie, les Jésuites
obtiennent un nouvel arrêt du Conseil, qui oblige les libraires
à rembourser 72 livres à chaque souscripteur, les
condamnant ainsi à la banqueroute.
Malesherbes obtient qu’ils conservent une permission tacite
d’impression et propose que les éditeurs acquittent
le remboursement en offrant les quatre tomes de planches prévus.
Le roi accorde un nouveau privilège pour les volumes de planches.
Aucun souscripteur ne réclamera le remboursement financier.
3 septembre
Le pape Clément XIII frappe d’hérésie
l’Encyclopédie dans un bref publié à
Lucques : "Damnatio et prohibitio
operis in plures tomos distributi, cujus est titulus : Encyclopédie."
23 novembre
L’infatigable Fréron accuse Diderot d’avoir volé
les planches commandées et rassemblées par Réaumur
pendant plus de cinquante ans pour les Descriptions
des Arts & Métiers, planches léguées
à sa mort en 1757 à l’Académie royale
des Sciences. Diderot, en effet, avait acquis auprès de graveurs
peu scrupuleux un certain nombre d’originaux.
Réaumur, qui n’ignorait rien des intentions de Diderot,
ne s’en soucia jamais. |
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1760 |
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16
janvier
Une commission de six membres fut chargée par l’Académie
d’examiner les gravures, et rédigea le certificat suivant
: "Nous, commissaires soussignés,
certifions avoir vu, examiné et vérifié toutes
les planches et dessins mentionnés au présent état
montant au nombre de six cents sur cent trente Arts, dans lesquels
nous n’avons rien reconnu qui ait été copié
d’après les planches de M. de Réaumur. "
20 février
Le certificat est annulé.
De plus, l’Académie entame la publication des planches
de Réaumur, obligeant ainsi les libraires à lancer
un projet de création originale : des dessinateurs, dont
Goussier, sont envoyés dans tous les corps de métiers.
D’un mal découle un bien : le résultat sera
inestimable en quantité, en qualité et en précision.
10 mars
Le Franc de Pompignan se livre à une violente condamnation
des philosophes dans son discours d’admission à l’Académie
française.
2 mai
Palissot fait représenter à la Comédie Française
sa satyre les Philosophes,
calquée sur l’École des femmes, qui
rencontre un grand succès.
L'encyclopédiste Morellet répond par un pamphlet dans
lequel il prend à partie Palissot et sa protectrice la princesse
de Robecq, alors maîtresse du duc de Choiseul, grand argentier
du roi. Morellet est aussitôt embastillé.
novembre
Toutes ces attaques ont eu raison de l’Encyclopédie
: l’entreprise est pratiquement arrêtée, nombre
de collaborateurs, inquiets du sort de Morellet, désertent
l’Encyclopédie ; d’Alembert part définitivement
; Voltaire, toujours bienveillant, n’écrit cependant
plus. Diderot travaille avec une équipe réduite dont
le Chevalier de Jaucourt, qui écrit un nombre considérable
d’articles. |
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1762 |
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janvier
Parution du premier tome de planches.
6 août
Retournement de situation : la Compagnie de Jésus est condamnée,
suite à la banqueroute frauduleuse du banquier M. de la Vallette.
Le Parlement fait fermer les collèges jésuites, condamne
"les bulles, brefs, constitutions,
et autres règlements de la Société se disant
de Jésus". Les membres
de la Compagnie sont expulsés hors de France.
Avec eux disparaissent les adversaires les plus acharnes de l'Encyclopédie.
"Me voilà délivré
d’un grand nombre d’ennemis ",
écrit Diderot à Sophie Volland, et il écrit
l’article Jésuites.
15 août
" Ne dites point de mal des
mes libraires, ils font tout ce que j’exige",
écrit Diderot à Sophie Volland. Lui qui pense entretenir
avec ses éditeurs des rapports de confiance, va bientôt
déchanter.
septembre
Devenue impératrice, Catherine de Russie propose à
Diderot de finir son Encyclopédie à Riga. Diderot
décline la proposition. |
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1763 |
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mai
Parution du tome II des planches .
octobre
Malesherbes cède la direction de
la Librairie à Sartine, qui continuera la même politique
de bienveillance.
novembre
Diderot lance l’impression des dix derniers volumes de discours,
tout en en terminant l’écriture. L’Encyclopédie
n’a toujours pas de privilège, mais l’accord
tacite et la condamnation des Jésuites lui semblent favorables.
décembre
Parution du tome III des planches.
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1764 |
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novembre
Diderot consulte pour la rédaction d’un article un précédent
article déjà imprimé, "Sarrazins"
: "il trouve
un article rogné, recousu, gâté ; il ne sait
pas comment cette faute a pu se commettre, il parcourt le volume,
et trouve sa besogne altérée. C’était
une correction de la façon de Le Breton. Effrayé de
la hardiesse de ces idées, il avait imaginé, pour
en adoucir l’effet, d’ôter et de supprimer tout
ce qui paraissait trop fort à la faiblesse de sa tête.
Mon père pensa en tomber malade : il cria, s’emporta,
il voulait abandonner l’ouvrage."
Lettre de Mme de Vandeul,
fille de Diderot.
En fait, une grande partie des ouvrages (surtout
les dix derniers volumes) furent "corrigés" par Le
Breton et Brullé. |
"Vous
m’avez mis dans le cœur un poignard que votre vue ne
peut qu’enfoncer davantage… Vous m’avez lâchement
trompé deux ans de suite ; vous avez massacré ou fait
massacrer par une bête brute le travail de vingt honnêtes
gens… On apprendra une atrocité dont il n’y a
pas d’exemple dans l’histoire de la librairie : En effet,
a-t-on jamais oui parler de dix volumes in-folio clandestinement
mutilés, tronqués, hachés, déshonorés
par un imprimeur ? Ce qu’on a recherché dans l’Encyclopédie,
c’est la philosophie ferme et hardie de quelques-uns de vos
travailleurs. Vous l’avez châtrée, dépecée,
mise en lambeaux sans jugement, sans ménagement et sans goût.
vous nous avez rendus stupides et plats. Vous avez banni de votre
livre ce qui en aurait fait encore le piquant, l'intérêt
et la nouveauté..."
Denis Diderot
Lettre à Le Breton
12 décembre 1764 |
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1765 |
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12
septembre
Diderot et Jaucourt (les deux auteurs les plus martyrisés
par Le Breton) achèvent néanmoins les derniers articles.
Les ultimes épreuves sont remises. Diderot peut enfin écrire
: "Le grand et maudit ouvrage
est fini." |
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1766 |
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janvier
Les dix derniers tomes de discours sont mis à la disposition
des souscripteurs, sous un titre légèrement différent
: L’Encyclopédie
ou Dictionnaire raisonné
des Sciences, des Arts et des Métiers,
par une société de gens de lettres
mis en ordre par M. +++.
À Neufchastel,
chez Samuel Fauche et Compagnie,
libraires et imprimeurs, 1765,
ceci afin de faire croire à une édition étrangère
et échapper à une possible poursuite en interdiction. |
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1767 |
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Parution
du tome V des planches.
Comme pour les volumes de discours, l’ampleur du travail entrepris
sur les planches révise à la hausse le nombre de volumes
prévus : il y en aura onze au lieu de quatre. |
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1768 |
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Parution
du tome VI des planches.
Panckoucke, qui est alors le libraire de l’Imprimerie royale
et de l’Académie des sciences, veut rééditer
l’Encyclopédie.
Diderot tente de l’en dissuader. Dans un mémoire, il
estime que l’Encyclopédie a été sabotée
par des collaborateurs médiocres et qu’elle doit être
complètement réécrite.
Panckoucke rachète cependant les droits et les cuivres gravés
à Le Breton & associés. |
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1769 |

En 1933, 284 pages d’épreuves correspondant à
54 articles de l'Encyclopédie sont découvertes
dans les archives de Le Breton lui-même. Les articles
imprimés dans l’Encyclopédie diffèrent
nettement de ce que l’on peut lire dans ces épreuves. |
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Parution
du tome VII des planches. |
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1771 |
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Parution
des tomes VIII et IX des planches. |
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1772 |
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Parution
des tomes X et XI des planches. |
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1776-77 |
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Parution
du Supplément au Dictionnaire
raisonné, à Paris et
Amsterdam. Il se compose de quatre volumes de discours et d’un
volume de planches.
Diderot et la plupart de ses collaborateurs n’ont pas participé
à sa rédaction.
"L’Encyclopédie
garde toute sa vertu et tout son charme.
Son but profond a été la conquête de la liberté
intellectuelle et morale.
Elle a été l’arme de cette conquête et
la guerre n’est pas finie".
Jorge Luis Borges |
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