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l'encyclopédie
de Diderot & d'Alembert





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l'aventure encyclopédique
au siècle des Lumières

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l’encyclopédie de Diderot & d’Alembert

Le XVIIIe siècle est un temps de curiosité, de science, de savoir : on se passionne pour les automates, on se pique de philosophie, de mathématique et d’astronomie. Dans toute l’Europe sont publiés des ouvrages dont l’ambition – souvent surévaluée par les auteurs eux-mêmes – est de répertorier en quelques volumes l’ensemble des connaissances. La Cyclopædia en trois volumes d’Ephraïm Chambers, parue en 1728 en Angleterre et réputée jusqu’en Russie, s’intitule elle-même Dictionnaire universel des Arts et des Sciences, comprenant une Explication des Termes et une Notice sur la Signification des Choses qui ont trait aux différents Arts Mécaniques et Libéraux et aux diverses Sciences Humaines et Divines.

C’est un siècle d’interrogations, de découvertes et d’inventions, qui admet que la terre n’est plus le centre de l’univers, que la science se doit d’être expérimentale et que le droit du prince ne prévaut pas sur celui du peuple. Les longues guerres d’indépendance américaines affirment que les peuples peuvent disposer d’eux-mêmes, et les découvertes médicales contestent la part divine de la condition humaine. Les certitudes vacillent, les autorités jusque-là établies sont remises en question.

Dans ce débat, l’Encyclopédie est une arme redoutable.

Et les maîtres du royaume ne s’y trompent pas, qui useront à son encontre de la censure, de l’intimidation et de la contrainte. Diderot l’avait compris en se lançant dans l’aventure : "En l’espace de quelques mois, je mis en péril mon honneur, ma fortune, ma liberté et ma vie".

au commencement
la statue dédiée à l’encyclopédie, à Langres
statue de Diderot
- ville de Langres -

Le projet d’un Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts & des Métiers est lancé par André-François Le Breton, libraire influent et homme d’affaires avisé. En effet, les dictionnaires généraux mettant les sciences à la portée du plus grand nombre sont sources de profits importants.

L’Encyclopédie devient rapidement un projet pharaonique, porté par quatre libraires associés, et qui a, selon Voltaire, "fait vivre plus de mille ouvriers, papetiers, imprimeurs, relieurs et graveurs, et a mis en circulation plus de sept millions six cent cinquante mille livres [monnaie], plus que ne le fit jamais le commerce des deux Indes".

Plus de 160 collaborateurs assisteront Diderot pour la rédaction de l’ensemble, dont les plus éminents membres des cercles scientifiques ou intellectuels du temps. Certains, comme Diderot lui-même, y consacreront leur vie : lancée en 1746, l’Encyclopédie voit son dernier tome paraître en 1772.

contre l'encyclopédie

Les détracteurs furent nombreux et intrigants, et l’Encyclopédie se fit dans un climat de menaces et de persécutions : procès, révocations, interdictions, emprisonnements, fuite à l’étranger. L’attaque fut tout autant morale : d’Alembert renoncera par lassitude, Voltaire par lâcheté, Fontenelle par prudence, Buffon par peur, Rousseau par colère… Le Breton confiera à la censure de Brûlé, son contremaître – royaliste et
dévot –, la majeure partie des textes originaux avant leur parution.

Mais les soutiens furent aussi nombreux : Malesherbes, directeur de la Censure, qui cacha les papiers de Diderot pour les soustraire à la saisie qu’il avait lui-même mandée, la Pompadour, Catherine de Russie… sans oublier les souscripteurs eux-mêmes, dont aucun ne réclama le remboursement ordonné en 1759 par le Parlement…

une œuvre d'aujourd'hui

Lorsqu’en 1772, l’ouvrage est enfin terminé, il forme un ensemble de dix-sept volumes de discours et onze volumes de planches inédites, que Voltaire qualifiera de "monument des progrès de l’esprit humain".

Mais l’Encyclopédie est aussi un formidable témoignage sur son temps : sciences, arts et métiers y sont répertoriés d’une façon complète et précise, à la fois par le texte et la gravure…

C’est également une magnifique leçon d’humanisme : par centaines, les articles de ceux qu’on a convenu d’appeler les Philosophes restent aujourd’hui d’une actualité brûlante.

Et c’est de plus une œuvre littéraire de premier plan : pour contrer la censure, ses rédacteurs déployèrent des trésors d’ingéniosité, portant haut l’art de la métaphore, excellant dans la forme délicate du sous-entendu, de l’ironie et du non-dit explicite… pour le grand plaisir de ses lecteurs.

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