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le Dossier Mensuel de Britannica mai 2005
numéro cinq
sur les pas d'Eugène Poubelle, Alexis Godillot ou Adolphe Pinard

Ces noms propres
qu'on dit communs...

au sommaire de ce numéro




le Grand Robert électronique
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Mots & expressions autour de l'anthroponymie
© le Grand Dictionnaire Littré
© le Grand Robert de la langue française

L'orateur, ou plus simplement celui qui parle, aime à recourir aux expressions imagées : ici, une comparaison, là une analogie... La langue elle-même, forgée par l'expression commune, se plaît à donner libre cours à l'imaginaire. Cela veut-il dire que la langue ne dispose pas de termes précis pour chaque idée, chaque chose, chaque concept? Bien sûr que non. Mais, et c'est tout le plaisir de la parole, la langue s'exprime autant en tournures qu'en mots. Dire de la vieillesse qu'elle est l'hiver de la vie donne à ressentir bien davantage que l'idée de grand âge.

Et employer des noms propres en lieu et place de noms communs donne au langage une saveur, une précision, et un subtil supplément de sens.


Nous entrons alors dans l'art de la rhétorique, dont nous livrons ici quelques définitions (délicieux paradoxe : la rhétorique a en effet la particularité de dissimuler des procédés simples et usuels sous des termes peu intelligibles)

Anthroponymie
in le Grand Dictionnaire Robert :
n. f. — 1919; voir portugais antroponymia, 1887; de anthrop(o)-, et -onymie.
Didact. Ling. Partie de l'onomastique qui étudie les noms de personnes (ou anthroponymes).

Antonomase
in le Grand Dictionnaire Littré :
s. f. Sorte de synecdoque qui consiste à prendre un nom commun pour un nom propre, ou un nom propre pour un nom commun. Un Zoïle pour un critique; l'Orateur romain pour Cicéron.
H. Il a esté si plaisant en sa vie, que, par une antonomasie, on l'a appelé le Plaisantin, Desper. Contes, I.

in le Grand Robert de la langue française :
n. f. - 1634; anthonomasie, v. 1275; du latin antonomasia, mot grec, de antonomazein "appeler d'un nom différent", de anti- "à la place de", de onomazein "nommer", de onoma "nom".
Rhét. FIgure de langage qui consiste à désigner un personnage par un nom commun ou une périphrase qui en résume le caractère, ou, inversement, à désigner un individu par le personnage dont il rappelle le caractère typique.
C'est par antonomase que l'on dit l'orateur romain pour Cicéron, ou bien c'est un Néron au lieu de c'est un homme cruel.

Catachrèse
in le Grand Dictionnaire Littré :
s. f. 1. Trope par lequel un mot détourné de son sens propre est accepté dans le langage commun pour signifier une autre chose qui a quelque analogie avec l'objet qu'il exprimait d'abord; par exemple, une langue, parce que la langue est le principal organe de la parole articulée; une glace, grand miroir, parce qu'elle est plane et luisante comme la glace d'un bassin; une feuille de papier, parce qu'elle est mince et plate comme une feuille d'arbre.
C'est aussi par catachrèse qu'on dit ferré d'argent ou aller à cheval.

Métaphore
in le Grand Dictionnaire Littré :
s. f. 1. Terme de rhétorique. Dans le sens primitif, qui est celui d'Aristote et de l'étymologie, synonyme de trope; c'est un terme général.
2. Dans un sens plus restreint, qui est le sens des rhéteurs postérieurs, de Cicéron, de Quintilien et le sens actuel, figure par laquelle la signification naturelle d'un mot est changée par une autre; comparaison abrégée.

"Les métaphores ne sont autres que des similitudes abrégées."
Bossuet.

in le Grand Robert de la langue française :
n. f. – 1265; lat d'orig. grecque metaphora, proprt. "transport" d'où "transposition".
Figure de rhétorique, procédé de langage qui consiste dans un transfert de sens (terme concret dans un contexte abstrait) par substitution analogique.
comparaison, image (concepts différents).
La métaphore désigne un objet du nom d'un autre objet présentant des rapports d'analogie ( catachrèse). " la racine du mal, une source de chagrin…" sont des métaphores.
[…] Métaphore hyperbolique : incohérente, usée, vieillie.
Collectivt. La métaphore : le procédé, le style métaphorique.
"Les esprits justes, et qui aiment à faire des images qui soient précises, donnent naturellement dans la comparaison et la métaphore."
La Bruyère, les Caractères, I. 55.

"Victor Hugo entre autres, a fait sur eux (les enfants) une foule de vers adorables, où les métaphores gracieuses sont épuisées : ce sont des fleurs à peine épanouies où ne bourdonnent nulle abeille au dard venimeux, des yeux ingénus où le bleu d'en haut se réfléchit sans nuage, des lèvres de cerise que l'on voudrait manger et qui ne connaissent pas le mensonge (…)"
Th. Gautier, Souvenir de théâtre, Gavarni, II.

Onomastique
in le Grand Robert de la langue française :
n. f. et adj. – XVIe, onomastic; grec onomastokos "relatif au nom", de onoma "nom".
Linguistique. Etude, science des noms propres, et spécialt, des noms de personnes et de lieux. Anthroponymie, Toponymie, Hydronymie, Oronymie
par ext. Système des noms propres d'une langue ou d'une région. L'onomastique française.
Enumération de noms propres.

"Il (Homère) crie : "Erymas, Ampholéros et Epaltès, Tlépolème fils de Damastor, Echios et Pyris, Enippos et Poluméos, fils Argéas". Comment ne point s'amuser aux jeux de cette pure onomastie?"
G. Duhamel, Refuge de la Lecture.

Philologie
in le Grand Dictionnaire Littré :
s. f. 1. Sorte de savoir général qui regarde les belles-lettres, les langues, la critique, etc.

"On entend par philologie une espèce de science composée de grammaire, de réthorique, de poétique, d'antiquités, d'histoire, de philosophie, et quelquefois même de mathématiques, de médecine et de jurisprudence."
Rollin, Hist. anc. Oeuv. t. XI.
2. Particulièrement. Etude et connaissance d'une langue en tant qu'elle est l'instrument ou le moyen d'une littérature.

"Arnauld et ses amis aidaient plus sensiblement encore à ce progrès du langage par leur travaux sur la grammaire générale et sur l'analyse comparée des langues; pour la première depuis la Renaissance, la méthode philosophique dirigeait la philologie, et tout l'artifice de la pensée était cherché dans l'artifice du langage."
Villemain, Dict. de l'Acad. Préface.

3. Philologie comparée, étude appliquée à plusieurs langues, que l'on éclaire par la comparaison entre les unes et les autres.

Synecdoque
in le Grand Dictionnaire Littré :
ou Synecdoche.
s. f. Figure par laquelle on prend le genre pour l'espèce, ou l'espèce pour le genre, le tout pour la partie ou la partie pour le tout.
Exemples : une voile pour un navire; les flots pour la mer; l'airain pour les canons.

" La synecdoque est une espèce de métonymie, par laquelle on donne une signification particulière à un mot, qui dans le sens propre a une signification plus générale."
Du Marsais, Tropes, II. 4.

in le Grand Robert de la langue française :
n. f. – 1730 : sinodoche (1521), synecdoche (1690) ; lat. synecdoche, grec sunekdokhê "compréhension simultanée de plusieurs choses", de sunekdekhestai, de sun-, et ekdekhestai "recueillir, saisir en esprit", de ek "de" et dekhesthai "recevoir".
Didact. Figure de rhétorique qui consiste à prendre le plus pour le moins, la matière pour l'objet, l'espèces pour le genre, la partie pour le tout,le singulier pour le pluriel… ou inversement (ex. : les mortels pour les hommes, un fer pour une épée, l'ennemi pour les ennemis, etc…
aussi Métonymie.

Trope
in le Grand Dictionnaire Littré :
s. m. 1. Terme de rhétorique. Expression employée dans un sens figuré. Cent voiles pour dire cent vaisseaux, est un trope.

"Il ne faut pas croire que les tropes n'aient été inventés que par nécessité, à cause du défaut ou de la disette des mots propres… les hommes n'ont point consulté s'ils avaient ou s'ils n'avaient pas des termes propres pour exprimer leurs idées, ni si l'expression figurée serait plus agréable que l'expression propre; ils ont suivi les mouvement de leur imagination et ce que leur inspirait le désir de faire sentir vivement aux autres ce qu'ils sentaient eux-mêmes vivement."
Du Marsais, Tropes, VII.

"Les avantages des tropes sont premièrement de désigner les choses qui n'auraient pas de nom, secondement, de donner du corps et des couleurs à celles qui ne tombent pas sous le sens; enfin de faire prendre à chaque pensée le caractère qui lui est propre."
Condillac, Art d'écr. II, 8.
 
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