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brève histoire du livre
et de ses techniques,
deuxième partie |
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le
dossier
du mois |
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le Dictionnaire universel
du XIXe siècle
par Pierre Larousse |
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du mois |
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 Gutenberg, 1455
 Sweynheym & Pannartz, 1465

Nicolas Jenson, 1470 |
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L'invention de l'imprimerie au XVe siècle engendre
la typographie : il faut que les lettres soient fabriquées
comme des poinçons pour être assemblées en mots,
puis en phrases et en pages.
Les poinçons, ou caractères, sont moulés
à partir d'un alliage de métal, qui les rend résistants
et facilement reproductibles.
Les premiers typographes s'inspirent de l'écriture copiste
et des règles de la calligraphie : les caractères sont
des minuscules, de forme gothique (dite caroline), compacts et gras;
les mots sont peu séparés, et le texte s'aligne sans
rupture. ils gardent également l'usage des ligatures (liaisons
graphiques des lettres comme l'œ de œil) et des contractions
(réduction d'un ou plusieurs mots en quelques lettres, comme
par exemple etc pour et cetera). Les premiers ouvrages
demandaient parfois jusqu'à 200 caractères différents,
pour un alphabet de 25 lettres (nous sommes au XVe siècle!)
et quelques signes de ponctuation.
Bien vite, dans le sillage de l'humanisme italien, s'instaure une
véritable conception de la typographie : c'est l'écriture
humanistique. Il s'agit d'une combinaison entre les capitales romaines
(majuscules) et une version simplifiée des minuscules. La forme
gothique est rapidement abandonnée.
Les pionniers de la forme romaine sont Conrad
Sweynheym et Arnold Pannartz, Jean et Wendelin de Spire ou
Nicolas Jenson, qui pose les bases fondamentales de son art : contrastes
entre les pleins et les déliés, harmonie entre les capitales
et les minuscules, simplicité des formes.
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Les XVIe et XVIIe siècles — l'âge d'Or |
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 Alde Manuce
 le Champfleury Geoffroy Tory, 1529
 Claude Garamond, 1533
 William Caslon, 1734 |
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Dès la fin du XVe siècle, l'imprimerie
est une véritable industrie.
Alde Manuce, un imprimeur italien, crée
le livre à bon marché, de petit format et à fort
tirage. Afin de permettre une impression rapide et à moindre
coût, il dessine à cette occasion un caractère
spécifique, à la forme inclinée, qui conserve
une belle qualité de lecture même en petit corps. C'est
la naissance de l'italique.
La typographie s'appuie désormais sur la géométrie
et l'anatomie (les formes des caractères sont en effet des
transcriptions des proportions du corps humain), comme en témoignent
les traités de Luca Paccioli, d’Albrecht Dürer ou
de Geoffroy Tory.
Geoffroy Tory (1480-1533) s'engagea dans
les deux grands défis culturels de son temps : l'avènement
de la langue française, alors langue vulgaire, ("doncques
j’escripray en françois selon mon petit stile et langage
maternel"), et la mise en forme des règles d'écriture
et d'imprimerie. Il introduisit en France l’usage de l’accent
aigu, de l’apostrophe et de la cédille.
Son ouvrage majeur, le Champfleury, paraît en 1429,
est un traité "auquel est contenu l’art et science
de la deue et vraye proportion des lettre attiques, qu’on dit
autrement lettre antiques, et vulgairement lettres romaines proportionnées
selon le corps et le visage humain".
Il meurt peu après sa nomination au titre d'imprimeur du roi
et de libraire juré de l’Université.
Claude Garamond est le plus représentatif
de cette évolution : il crée un caractère romain
parfaitement équilibré, précis et d'une qualité
de lecture inégalée. Le Garamond (les caractères
portent souvent le nom de leur fondeur) reste encore très utilisé
de nos jours.
Vers 1535, s'engage en France un grand mouvement d'organisation de
la langue romane française, mené par Ronsard, Etienne
Dolet, Clément Marot. À leur suite, les typographes
normalisent les alphabets (lettres, accentuation, ponctuation) et
suppriment l'essentiel des ligatures et des contractions héritées
des copistes. Défense et illustration de la langue française
par Joachim du Bellay, 1549. Le latin trouve refuge dans les Universités.
La typographie devient un métier à part entière.
Manuce, s'il dessinait lui-même ses alphabets, en confiait la
gravure et la fonte à Francesco Griffo; l'imprimeur-éditeur
Estienne commandait ses caractères à Garamond. Robert
Granion ou Christophe Plantin réalisèrent des centaines
d'alphabets pour tous les imprimeurs ou princes d'Europe.
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Le XVIIIe siècle – l'aboutissement |
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 Firmin Didot
 John Baskerville, 1772
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La typographie atteint à cette époque l'équilibre
parfait entre la technique et l'art : des proportions idéales,
une élégance de forme, une pureté de lignes et
de composition… La typographie devient un véritable écrin
pour le texte.
L'école anglaise domine le siècle : John
Baskerville, William Caslon, pour
ne citer qu'eux, signent des alphabets remarquables.
En France, Pierre-Simon Fournier ou Firmin Didot
exécutent des caractères de grande tenue.
Mais le maître de l'art typographique en Europe est sans conteste
Giambattista Bodoni, tant pour les
alphabets que pour les compositions. Les plus grands noms du continent
lui commanderont ses ouvrages. Il laissera à la postérité
un Manuale tipographico qui fait
encore autorité aujourd'hui. Le Bodoni est aujourd'hui
le caractère par excellence de l'édition bibliophilique. |
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Le XIXe siècle – la décadence |
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 Traité de Typographie, Stanley Morison, 1930
 Paul Renner, 1927 |
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La révolution industrielle va donner à
l'imprimerie des moyens techniques considérables. L'invention
de la presse à cylindre en 1810 et ses nombreux perfectionnements
engendrent des tirages de masse. Par exemple, le Times de
Londres pouvait tirer jusqu'à 100.000 feuilles à heure.
Mais la qualité n'est pas au rendez-vous : encres trop grasses,
papier médiocre, impression irrégulière.
Le rejet des canons classiques aggravent la situation : le courant
romantique préfèrent aux formes étudiées
et rigoureuses des alphabets "modernes", d'un dessin approximatif
et surtout, des mises en pages sans goût, alourdies par l'emploi
de nombreuses typographies peu compatibles. Les grands bourgeois,
hommes d'argent et d'affaires, privilégient la rentabilité
et la facilité.
“C’est à qui, dans les compositions,
pourra présenter le plus odieux mélange de caractères
de mauvais goût”
V. Letouzay, in "La typographie".
Certains graveurs proposent cependant des caractères de belle
facture : Clarendon (1845) Linn Boyd Benton (1888), ou la Cheltenham
Press (1890). Sans être de grands alphabets, ils ont le mérite
d'avoir su maintenir une lisibilité et une harmonie même
dans de piètres conditions d'impression.
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Le XXe siècle – le renouveau ? |
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 Miedinger & Hoffmann, 1957 |
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C'est le retour aux sources : la typographie se fait calligraphique,
portée par le développement d'une société
de l'image (bandes dessinées télévision, publicité,
informatique, …)
William Morris en Angleterre et Peignot en France reprennent le
flambeau de la belle lettre; Morris, en prônant un retour
aux règles plus classiques des grands anciens, Peignot, en
conjuguant ces mêmes règles aux expérimentations
graphiques de l'Art nouveau.
Depuis les années 60, Le credo n'est plus "je lis"
mais "je vois". Les créations sont innombrables,
et parfois discutables; le design industriel s'empare de la typographie,
Citons les travaux de Stanley Morison de la société
Monotype, de Frédéric Goudy, d'Eric Gill ou de Hermann
Zapf, qui posent les bases d'une écriture linéale,
dépouillée, au graphisme épuré à
l'extrême. On peut citer aussi Paul Renner (membre du Bauhaus),
Max Meidinger ou Adrian Frutiger. |
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pour en savoir plus... |
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à propos des collections de l'Imprimerie nationale :  histoire et métiers de la typographie :
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