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"Un autre siècle, une autre œuvre."
En 1863 paraissent les premiers fascicules de ce qui deviendra le
Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Son auteur, qui
est un grand admirateur du Dictionnaire historique et critique
de Pierre Bayle et de l’Encyclopédie
de Diderot, s'engage à leur suite dans le même
dessein : construire l'inventaire du siècle, et donner une
égale parole à toutes les opinions "même
les plus contreversées et les plus contreversables".
Le discours encyclopédique et lexicographique émaillé
de remarques, d’opinions et de convictions personnelles peut
être jugé inacceptable, puisqu'il s'écarte de
l'objectivité qu'on attend de ce type d'ouvrage. Mais Pierre
Larousse, comme Diderot avant lui, fait ici œuvre pédagogique
:
"Nous ne voulons blesser aucune conscience, mais nous voulons
allumer tous les flambeaux ; tant pis pour ce qui se plaît
à la nuit et au sommeil ! Le temps des dogmes et des infaillibilités
est passé, il n’y a plus aujourd’hui que des
faits scientifiques et des opinions (…) L’unité
des esprits doit naître désormais d’un libre,
universel et incessant examen, et non d’une autorité
intellectuelle."
C'est pourquoi le Dictionnaire universel prend aujourd'hui une dimension
précieuse : celle de l'exploration méthodique des
mœurs d'une société extravagante, jusque dans
ses détails les plus anodins. Dans la lignée de Zola
ou d'Hugo, il décrit l'époque une grande minutie.
Le lecteur sera étonné des mille détails souvent
inattendus sur la vie quotidienne, les acteurs et événements
de la scène politique, artistique ou sociale, les mouvements
des sciences et des lettres, sans parler des milliers de contemporains
parfois oubliés qui marquèrent – à tort
ou à raison, c'est selon – le siècle.
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