 |
 |
 |
 |
 |
 |
  |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
 |
 |
|
|
|
|

Jusqu'au XVe siècle,
le livre était un objet unique, entièrement
réalisé à la main.
Le libraire (maître de
bibliothèque) supervisait la réalisation de
l'ouvrage.
Le parcheminier préparait,
par tannage de fines peaux de veau, la quantité exacte
de feuilles nécessaires à la copie.
Le copiste, ensuite, reproduisait
à la plume, lettre par lettre, le texte original (qui
pouvait être un livre lui-même!). Les scriptoriums
(ateliers de copistes, souvent installés dans des abbayes
ou des monastères) avaient chacun leurs règles
: forme des lettres, alphabets (variantes romaines, gothiques,
caroline…) et surtout leurs abréviations (destinées
à économiser encre, parchemin et temps d'exécution).
Il en résultait parfois certaines difficultés
de lecture, y compris pour les érudits. Cette habitude
d'abréviations et de contractions perdura longtemps
dans l'écriture manuscrite (jusqu'à la sténographie,
qui en est la forme organisée).
Ensuite l'enlumineur, décorait
les lettres initiales, posait filets et ornements des marges
et, parfois, les illustrations de page.
Puis, enfin, le lieur (devenu
depuis relieur) cousait les
feuilles entre elles afin d'assembler et d'ordonner les pages.
Les premiers livres, sans couverture, étaient
roulés en cylindres fermés d'une lanière
: on les appelaient volumen
(volumina au pluriel).
Les premiers livres de forme moderne (parallélépipédiques)
apparaissent à partir du VIe siècle : ils prennent
alors le nom de codex (codices).
|
 |
 |
 |
 |
|
|

presse à bras XVIIIe siècle
© encyclopædia britannica first édition
|
|
|
La xylographie…
La plus ancienne technique
d’impression est dite "tabellaire" ; elle
est utilisée en Chine et remonte à plus de
3000 ans : un motif était gravé sur une tablette
de bois, laquelle était enduite d'encre puis pressée
sur une étoffe, reproduisant ainsi le même
dessin plusieurs fois à l'identique. Ce sont les
débuts de la xylographie.
La méthode xylographique remplaça la technique
du pochoir en Europe à partir du XIVe siècle,
notamment chez les fabricants de cartes à jouer ou
d'images pieuses. Quelques livres mêlant textes courts
et images furent imprimés selon ce procédé,
sans grand succès cependant. On peut toutefois citer
le plus célèbre d'entre eux, la Grammaire
d'Aelus Donatus, précepteur de Saint-Jérôme.
Première tentative de mécanisation de la copie,
la xylographie s'avère peu efficace : l'obligation
de graver sur une même planche le texte d'une page
entière, l'impossibilité de corriger les matrices,
la fragilité du matériau (le bois gonflait
avec l'encre), et le travail extrêmement long de gravure
des planches, sont autant de problèmes insolubles.
|

statue de Gutenberg
- Strasbourg -
le saviez-vous?
le premier journal imprimé, "la Gazette de Théophraste
Renaudot", paraît le 30 mai 1631, plus de deux
siècles après le premier livre.
|
|
Les caractères
mobiles…
Les premiers caractères mobiles,
souvent en terre cuite, parfois en métal tendre,
proviennent de la Corée du Xe siècle.
Johann Gensfleich, dit Gutenberg,
n'est donc pas l'inventeur des caractères séparés,
bien qu'il en fût incontestablement un des tout premiers
utilisateurs en Europe. Par contre, on lui doit de grands
perfectionnements dans cette technique : après diverses
tentatives de caractères mobiles en bois, reliés
entre eux par une ficelle, il expérimente le métal
: le fer tout d'abord (trop dur, il déchire la feuille),
puis le plomb pur (trop mou, il se déforme). Vers
1440, il conçoit un alliage idéal, mélange
de plomb, d'étain et d'antimoine, solide et facile
à fondre (ce qui simplifiera la fabrication des caractères).
Le caractère mobile marque le véritable
début de l'imprimerie et, par voie de conséquence,
de la typographie : les lettres sont proportionnées
entre elles, réutilisables, et permettent des grands
tirages sans altération. Les moules (matrices) permettent
en plus de former rapidement de nouveaux caractères
remplaçant les pièces usées.
La France fut tout d'abord réticente
au livre imprimé : les copistes, issus des congrégations
religieuses, traitaient les imprimeurs de sorciers. Il faut
attendre 1470 pour qu'un français, Nicolas Jenson,
soit mandaté par le roi pour s'enquérir des
techniques de reproductions mécaniques : il étudiera
auprès des maîtres allemands, flamands, puis
vénitiens.
Mais bientôt, les imprimeries se
multiplient en Europe, certaines villes devenant de grands
centres d'édition : Venise, Paris, Lyon, Toulouse,
Augsbourg ou Milan. On estime qu'à fin du XVe siècle,
la production européenne était de plus de
30.000 titres pour 15.000.000 d'exemplaires
La presse…
|
|

presse à bras XVIIIe siècle
© Encyclopédie de Diderot

Presse Stanhope
© Encyclopædia Britannica

© Encyclopædia Universalis

© Encyclopædia Universalis
|
|
Aux caractères
mobiles, Gutenberg
ajoute l'emploi d'une machine à imprimer ; ce sera
un pressoir à vin remanié : le mot de Presse
vient d'ailleurs de pressoir. Il s'agit d'un mécanisme
simple : Presses à bras et pressoirs à vin
fonctionnaient à l'aide d'une vis en bois et la pression
était obtenue par l'effort direct de l'ouvrier. Mais
la force de ce dernier se révélant souvent
insuffisante, la pression était augmentée
par étayement à l'aide de madriers, entre
plafond et plancher, de la machine à imprimer.
Les deux organes principaux des presses à platine
actuelles, le marbre et la platine, existaient déjà
sur les premières presses. La forme, cadre enfermant
la composition, était ajustée sur le marbre
fixe et horizontal. La feuille à imprimer venait
alors s'appliquer sur la forme préalablement encrée
à l'aide de "balles" (boules de chiffon
et de cuir portant l'encre) et un plateau, constituant la
platine, était descendu pour comprimer l'ensemble
à l'aide de la vis en bois. Cette pression restait
insuffisante pour imprimer les formats importants et l'on
devait recommencer l'opération successivement sur
les deux moitiés de la feuille. Voici pourquoi les
premières machines à imprimer étaient
appelées "presses à deux coups".
La presse à bras demeura en usage
jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Son tirage
était d'environ 250 feuilles par jour, et sur un
seul côté (125 en "deux coups").
En d'autres mots, selon la pagination, il fallait entre
un et dix jours pour imprimer un exemplaire.
L'ajout progressif de pièces métalliques
(marbre de fer et platine de cuivre), puis de ressorts et
d'axes inclinables, va transformer le métier de l'imprimerie.
Didot, en 1783, semble être le premier à utiliser
une telle presse (qu'il avait conçu avec Anisson)
: c'est la "presse à un coup", qui double
la production journalière.
En 1795, L'anglais Stanhope invente la
presse entièrement métallique, première
machine industrielle, augmente considérablement la
production journalière.
Le XIXe siècle voit le développement
de nouveaux modèles de presse, qui accompagnent l'essor
des journaux (qui s'identifient collectivement sous le nom
de Presse) : la presse à retiration (impression simultanée
en recto-verso) de Koenig et Bauer en 1813, la Colombienne
de Clymer à Philadelphie en 1817, la presse à
rouleaux encreurs (qui remplacent les balles) de Gannal
en 1819, la Washington de Nust en 1829, la presse à
rotatives de Hoe en 1848…
Autre progrès fondamental : l'emploi
de la machine à vapeur, qui permet une meilleure
pression, plus régulière et une coordination
mécanique des différentes actions de la presse.
La première presse à vapeur est celle du quotidien
anglais le Times, en 1812 (fabriquée par Koenig et
Bauer). La fin du siècle verra poindre les premières
motorisations électriques…
L'essor industriel…
Les premières rotatives (Hoe aux
Etats-Unis en 1848, ou Appelgath en Angleterre la même
année) ont remplacé la platine (plaque plate
portant la forme à imprimer) par le rouleau (la forme
est enroulée autour d'un cylindre). La feuille est
menée dans la machine par un ensemble de rouleaux
mobiles et l'encre est distribuée sur la forme par
un autre cylindre de matières souple (un composé
de glycérine et de gélatine).
Le tirage atteint les 10.000 feuilles à l'heure.
Dans les rotatives de la seconde génération,
apparues dès 1866, le papier lui-même est monté
sur bobines. Les tirages montent à 20.000 feuilles
à l'heure (1866, presse de Bullock), puis 50.000
(1872, presse de Marinoni).
Les rotatives à bobines permettent rapidement d'imprimer
des très gros tirages, d'abord ennoir, puis en couleurs,
jusqu'au recto-verso en un seul passage. Aujourd'hui très
complexes, ces machines recourent à l'électronique,
voire au numérique et impriment les grands quotidiens
en quelques heures, gérant toutes les opérations
dans un même mouvement (impressions, séchage,
pliage, etc…)
Différents procédés...
La stéréotypie
Développée dès 1850, elle permet l'impression
à grands tirages : c'est un procédé
qui permet de dupliquer fidèlement les formes imprimantes;
celles-ci deviennent non plus des caractères mobiles
assemblées mais des pages entières. l'emploi
de stéréotypes accentuera le développement
des machines rotatives (par le cintrage du stéréotype).
Perfectionnée par la galvanotypie, la stéréotypie
a été l'outil quasi unique de l'édition
et de l'impression jusqu'au début du XXe siècle.
Les formes légères
|
découvrez les ouvrages
de notre catalogue
|
|
À partir des années 1900, l'imprimerie recourt
aux formes imprimantes dites légères, grâce
à l'adoption de nombreuses innovations : l'encre,
jusque là épaisse et visqueuse, devient liquide;
la forme imprimante est fabriquée en caoutchouc (flexographie)…
Les années 1960 voient apparaître les formes
en photopolymères (composés chimiques qui
durcissent sous l'action de la lumière) qui introduisent
l'impremerie moderne.
L'héliogravure
Inventée en 1855 par Niepce de
Saint-Victor, cousin de Nicéphore Niepce, inventeur
de la photographie, elle se développe dans deux directions
: tirages de haute qualité en couleurs (Angleterre)
et tirages à fort volumes (Allemagne). Ici, la forme
imprimante est en cuivre (héritée des imprimeurs
textiles).
L'offset
À Munich en 1796, Aloys Senefelder
découvrit que certaines pierres calcaires pouvaient
retenir un dessin à l'encre grasse, mais refusaient
ensuite l'encre sur les parties non dessinées, une
fois lavées à l'acide. En reportant sur la
pierre le motif inversé du modèle à
reproduire, on pouvait ensuite y presser le papier pour
obtenir une impression de l'original. La lithographie était
née : elle est restée le procédé
de reprographie des textes et des images jusqu'au XXe siècle,
où elle est remplacée par l'offset, qui repose
sur le même principe de l'antagonisme chimique entre
l'eau et les corps gras tels que l'encre.
S'appuyant sur les mêmes principes, l'impression
offset est expérimentée dès 1850, dans
les traces de la photographie et de la photogravure. D'abord
réservée aux petits tirages en couleurs, elle
devient un siècle plus tard le standard de l'imprimerie.
Les formes imprimantes deviennent des feuilles de métal
souple : la forme se reporte sur un cylindre qui imprime
ensuite la feuille (offset veut dire décalque).
On peut considérer que la généralisation
de l'offset est la dernière grande étape à
ce jour de l'édition imprimée. |
| |
 |
 |
 |
 |
|
|